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Saturday, July 24, 2010

Droits de l'Homme en Chine: rapport de Human Rights Watch

La question tibétaine, "un défi politique majeur pour la Chine"
Entretien: Nicholas Bequelin, spécialiste de l'Asie à Human Rights Watch (HRW)
Le Monde, 24.07.2010

Nicholas Bequelin, basé à Hongkong et spécialiste de l'Asie à Human Rights Watch (HRW), s'exprime à la suite de la publication, jeudi 22 juillet, d'un rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme basée à New York, sur les exactions policières chinoises au Tibet depuis 2008.

Qu'est-ce qui a guidé l'équipe de HRW dans la rédaction de ce rapport, présenté notamment comme indépendant des organisations liées au gouvernement tibétain en exil ?

Human Rights Watch a travaillé sans aucun a priori sur ce qui s'est passé au Tibet, mais avec le souci de répondre à un problème principal, à savoir, qu'est-ce que le gouvernement chinois cherchait à cacher en verrouillant complètement l'ensemble du plateau tibétain depuis les manifestations de mars 2008 jusqu'à aujourd'hui. On peut certes, depuis, s'y rendre, mais il y a des soldats partout, des policiers armés, etc.

Au moment des évènements au Tibet, quand il a fallu alerter la communauté diplomatique ou les Nations Unis, l'une de nos principales difficultés venait du fait que la majeure partie des informations fournies par le gouvernement tibétain en exil et les organisations pro-tibétaines étaient souvent de seconde main ou invérifiables. Il fallait donc faire une enquête qui s'affranchisse de ces sources et construise un rapport à neuf uniquement sur la base d'information de première main par des témoins oculaires directs.

Nous proposons un rapport difficilement réfutable, car complètement indépendant. Nous ne pouvons pas nous prononcer sur le nombre de tués mais seulement sur la nécessité absolue de faire une enquête sur cette question, maintenant qu'il est établi que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants à plusieurs reprises.

Quels éléments nouveaux le rapport apporte-t-il ?

Je crois qu'on établit de façon claire que les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles, notamment à Lhassa, Ngaba, Tonghor et Gardze (province du Sichuan). Ce sont des informations qu'on a pu recouper : au total nous n'avons utilisé que 10 à 15 % des informations recueillies pour le rapport. La position du gouvernement chinois est que les troupes n'ont jamais tiré sur les manifestants, qu'il n'y a pas eu de morts par balle. Il n'a jamais admis que des manifestants sont morts à Lhassa le 14, ni le 15. Or, on a des témoignages. Officiellement, il y a bien eu à certains moments des communiqués sur des manifestants tués ou touchés par balles, mais ils ont été immédiatement retirés. On peut donc dire que les forces de l'ordre ont bien ouvert le feu, plusieurs fois, dans des régions différentes. Il faudrait maintenant répertorier tous les autres incidents sur lesquels nous n'avions pas assez de témoignages pouvant être recoupés.

Qu'est-ce qui est caractéristique dans la réaction chinoise au soulèvement tibétain de mars 2008, et la manière dont la " normalisation " de la région a été effectuée ?

Quand on voit tout l'appareil policier déployé, les abus, la férocité de la répression, les cas de ces moines ayant imprimé à la main une centaine de tracts et qui ont pris 6 ou 7 ans de prison, on constate que les forces de sécurité agissent comme s'il s'agissait d'une situation de conflit armé, de guérilla, ou de terrorisme, et non de manifestations populaires, pour la plupart spontanées, avec des manifestants non armés. Et qui n'ont pas causé de violences graves, avec l'exception de Lhassa, où il y a eu des morts il est la vrai, mais la plupart ont eu lieu au cours d'incendies de boutiques.

A l'époque Human Rights Watch a condamné sans ambiguité la violence par les manifestants. Les manifestations n'ont pas toujours été pacifiques, il y a eu des postes de police brulées, des jets de pierre, des representants des forces de l'ordre blessés et le rapport souligne que dans un certain nombre de cas il semble que les forces de sécurité aient exercé une retenue adequate… Mais dans de nombreux cas, on ne connaît jamais l'enchaînement qui a conduit à la confrontation. Le problème fondamental reste que le gouvernement chinois n'a jamais distingué entre les manifestants violents et non-violents, qui sont tous considérés comme des séparatistes.

Les procédures judiciaires ont été extrêmement sommaires, avec un appareil judiciaire très politisé. Les sources chinoises officielles ne s'en cachent même pas. Nous détaillons dans le rapport, sur la base de documents officiels chinois, de nombreux cas de Tibetains condamnés à de lourdes peines pour des actes de protestation absolument non-violents : par exemple a Kardze, deux moines d'un monastère sont sortis agiter un drapeau. Les gens prennent peur et ferment leurs boutiques. Les deux moines sont accusés d'incitation au séparatisme et ils écopent de longues années de prison.

Les informations données par la Chine sur le nombre de personnes arrêtées et condamnées sont-elles crédibles ?

La presse chinoise a par exemple titré sur le fait que " 8 % seulement des émeutiers ont été condamnés", ce qui reviendrait à 76 personnes. Mais si on commence à regarder hors de Lhassa, donc au Sichuan, au Gansu, dans les zones tibétaines, on trouve des dizaines de condamnations. Et cela a continué dans les mois qui ont suivi. Le nombre total de gens arrêtés et condamnés est beaucoup plus élevé que ce qu'ils ont donné. Tous les accusés sont qualifiés d'"incendiaires, des pilleurs et des casseurs ", mais de nombreuses personnes ont fait des actions qui ne sont absolument pas violentes. Des actions qui selon les comptes rendus chinois eux mêmes, ne sont même pas de l'ordre à troubler l'ordre public.

Les Tibétains qui tentent de témoigner et de passer des informations à l'étranger sont condamnés très lourdement…
Au cours des deux dernières années, comme l'ont d'ailleurs bien montré les organisations liées au gouvernement tibétain en exil, les gens qui passent des informations sont condamnés pour espionnage. Des gens qui téléphonent à leur cousin à Dharamsala peuvent se retrouver avec des condamnations extrêmement lourdes. Or, le gouvernement chinois sait bien que le comportement des forces de sécurité au Tibet est en contradiction avec les normes internationales, mais aussi ses propres lois.

Après le Tibet, c'est le Xinjiang qui s'est embrasé en juillet 2009, et a connu une répression également brutale. Il y a des parallèles entre les situations dans lesquelles se trouvent aujourd'hui ces deux zones de minorités ethniques...

C'est un défi politique majeur pour l'équipe de Hu Jintao : dans les quatre sixièmes du pays, des troupes armées ont dû être envoyées pour maintenir l'ordre et la liberté de circulation et de communication y sont restreints. Les évènements d'Urumqi ont été beaucoup plus contenus : ils ne se sont pas propagés ailleurs. Au Tibet, ça s'est davantage étendu. L'une des raisons, c'est qu'au Xinjiang, les Chinois Hans constituent près de 50 % de la population, bien plus qu'au Tibet. Le terrain est plus facile, ce sont des oasis. Il y a des routes, des aéroports, on peut facilement amener des troupes. Peu de temps après les évènements d'Urumqi, le gouvernement chinois a changé le premier secrétaire du parti de la Région autonome, et en a nommé un autre qui, en rupture avec la tradition, n'a pas fait sa carrière au Xinjiang même. Un plan massif de développement a été lancé, qui va complètement transformer le territoire. Les autorités ont aussi admis qu'à la base du problème, les Ouigours étaient exposés à des discriminations socio économiques. Et puis, il y a moins de sympathie international, il y a le problème du terrorisme islamique, le régime est donc dans une situation plus confortable.

Au Tibet, oui, on va construire des autoroutes, mais aucun mot sur les discriminations. La réalité est que la pouvoir est bien plus dans une impasse au Tibet : il y a une proportion de Chinois Hans plus faible, il n'y a pas d'agriculture qu'on peut étendre comme au Xinjiang en apportant l'irrigation. Il y a aussi une bureaucratie tibétaine qui a complètement accentué les rancoeurs, en captant les ressources et les richesses, comme l'a montré le rapport de l'ONG chinoise Gongmeng en 2008. Pékin peut difficilement faire face à deux régions de minorités ethniques en révolte : le Tibet tout seul, ça passe. Le Xinjiang, aussi. Mais les deux en même temps, non. Il fallait donc qu'ils règlent au moins un des problèmes : au Xinjiang, ils vont faire ce qu'ils savent faire, moderniser et transformer le terrain indigène en terrain chinois. Faire des villes qu'on puisse lire, administrativement et militairement. Renforcer les Bingtuan [Corps de production et de construction du Xinjiang]. Au Tibet, il n'y a pas de solution rapide, il n'y a pas de plan de 5 ans qui puisse faire progresser les choses.

Qu'est-ce que cela implique pour la question tibétaine ?

Sur le long terme, cela pose la question de la résolution politique. Le débat entre archaïsme et modernité, qui fait souvent surface quand on parle de la politique chinoise au Tibet, est relégué à l'arrière plan par un problème plus grave : quand les forces de sécurité agissent de cette façon, quand tout le monde est suspect, quand des gens sont emmenés, torturés et " disparus ", ça aliène population. Cela accentue le processus de polarisation dans la société. L'attitude des forces de l'ordre éloigne la possibilité d'une solution politique pour le Tibet. Les [autorités chinoises] auraient besoin de faire comme ce qu'elles ont fait dans le reste de la Chine, et de parvenir à un processus d'accommodation, de négociation avec la société.

Propos recueillis par Brice Pedroletti


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Wednesday, June 16, 2010

Tibet and water resources

Tibet's watershed challenge
By Uttam Kumar Sinha
The Washington Post, Monday, June 14, 2010; p. A17

While Tibet raises a number of controversial questions, one dimension will assume increasing political significance: its water resources. The Tibetan Plateau, known to many as the "Third Pole," is an enormous storehouse of freshwater, believed by some to be the world's largest. It is the headwaters of many of Asia's mighty rivers, including the Yellow, Yangtze, Mekong, Salween, Brahmaputra, Indus and Sutlej. These vast water resources are of course vulnerable to environmental challenges, including climate change, but they are subject to an array of political issues as well.

Should China be the lone stakeholder to the fate of the waters in Tibet? What happens in the downstream nations that depend heavily on these rivers? China has exploited all but two rivers from the Tibetan Plateau; an exception is the Nujiang River, which flows through Yunnan province and enters Burma, where it is known as the Salween. China's north-south diversion plans on the Yarlung Zangbo (known in India as Brahamaputra), the other untouched river, are bound to worry India, a downstream state.

China's rise in recent years has been displayed in military capability, economic pace and, now, water diversions. By 2030, China is expected to fall short of its water demands by 25 percent. Its increasingly aggressive hydrobehavior is intended to secure its massive water requirements in its northern and western regions. But control over such a valuable natural resource gives Beijing enormous strategic latitude with its neighbors; when one of those countries is a rival, such as India, it becomes an effective bargaining tool and potential weapon.

Chinese nationalism is based on its aspiration of great-power status and its historic territorial claims. Such claims, for example, over Tibet and Arunachal Pradesh, a state in northeast India, are being driven by China's water needs. Mao Zedong observed in 1952, "The south has a lot of water, the north little. . . . If possible, it is ok to lend a little water." China is looking to exploit the water resources of Tibet and its hardening position on Arunachal -- Beijing considers the northeast Indian state part of its territory and made frequent military forays there this year -- is not merely rhetoric. In laying claims to Arunachal, it is claiming almost 200 million cubic feet per second of water resources in the state.

China, well-accustomed to brinkmanship, is likely to maintain a strategic silence on its river diversion plans, to keep downstream states guessing. (China denies any activity on the Yarlung Zangbo, but publicly reported satellite imagery shows otherwise.) And with no legally binding international treaty on such water-sharing, there is nothing to stop China from manipulating river flows and increasing downstream dependency.

More than 2 billion people in South and Southeast Asia depend on the waters flowing out of Tibet. Building a lower riparian coalition of, say, Pakistan, India, Nepal, Bhutan, Bangladesh, Burma, Laos, Cambodia and Vietnam would help cement recognition of Tibet's water as a common resource. India has a diplomatic opportunity here and, given its downriver position, needs to take the initiative. One plus is that India has experience dealing with river treaties. But Tibet's unresolved political status will affect any proposals on how to sustainably manage its water resources and ensure its rivers' natural flow are not disturbed by Chinese diversion plans.

China's moves to encroach on Tibet's water need to be countered by downriver solidarity that includes agreement on multipurpose beneficial use of these resources. Downriver states need to work through legal norms of equitable utilization, "no-harm" policies and restricted Chinese sovereignty over Tibet. This pressure and international attention to defining such vital resources as common would go a long way toward preserving and sharing the waters of Tibet. While such redefinition is politically sensitive, as it clashes with national jurisdiction, it merits attention now given the current and future water requirements of South and Southeast Asia. Collective political and diplomatic pressure over a sustained period will be needed to draw in China to regional arrangements on "reasonable share of water" and frame treaties accordingly.

The concerned downstream states need to raise the issue internationally while also supporting local Tibetans and Chinese environmental lobbies' efforts to highlight the rampant ecological destruction of Tibet brought by dams and artificial diversion plans. A larger debate on basin resource management is needed; it is increasingly clear that rivers are not merely for water provisions but also have ecological functions. One need only look at China's Yangtze and Yellow rivers, both unfit for human use, to understand how important it is to follow the laws of nature regarding Tibet's waters rather than force economic development.

The writer is a research fellow at the nonpartisan Institute for Defense Studies and Analyses in New Delhi.

Wednesday, February 10, 2010

263) China e Tibete: dialogo com Dalai Lama

Tibete: Dalai Lama tenta retomar diálogo com China
Opinião e Notícia, 27/01/2010

Após 15 meses de silêncio, o governo chinês deve retomar diálogo com representantes do líder tibetano, o Dalai Lama. Não foi esclarecida a razão para a China ter decidido receber representantes, mas analistas acreditam que provavelmente se trata de uma reação ao primeiro encontro do presidente Barack Obama com o Dalai Lama, que acontecerá em breve.

Autoridades chinesas acreditam que, retomando o diálogo, podem diminuir a importância da reunião do Dalai Lama com Obama. Em janeiro foram realizadas duas reuniões para discutir o Tibete. O presidente chinês pediu que a renda dos tibetanos seja elevada à média nacional até 2020.

As conversas foram paralisadas em 2008 porque o governo chinês se recusou a discutir a proposta do líder do Tibete para unificar a administração das regiões chinesas habitadas por tibetanos. A China viu a proposta do Dalai Lama como uma tentativa disfarçada de conseguir independência para o Tibete. O líder negou a acusação e afirma que só deseja conseguir mais liberdade cultural e religiosa para seu povo.

Em nossa opinião…

A milenar cultura do Tibete é única na sua riqueza e tradição. A China, desde o exílio do Dalai Lama há 50 anos, vem sistematicamente destruindo essa cultura fechando templos, perseguindo religiosos, forçando a migração em massa para o Tibete de chineses e abrindo o país até então isolado do mundo com aeroportos e ferrovias moderníssimos. O Dalai Lama luta tenazmente há cinco décadas para tentar obter alguma espécie de autonomia para seu país, como demonstra mais uma vez tentando negociar com a China, mas é muito pouco provável que consiga alguma coisa. E quando ele morrer é provável que a China simplesmente extinga o seu cargo ou imponha um títere escolhido por ela. Será o final de uma história de quase 2 mil anos.